Achat ou location longue durée : ce dilemme divise encore trop d’automobilistes qui se contentent de comparer les mensualités sans creuser vraiment les chiffres. Avec l’explosion des malus CO2 et l’effondrement de la cote des électriques, l’équation financière a complètement basculé en 2026. Alors, que disent vraiment les calculs détaillés quand on intègre tous les coûts cachés ?
Les fondamentaux : comprendre les coûts réels de chaque option
Quand on se penche sérieusement sur les chiffres, la différence entre location et achat dépasse largement le simple calcul mensualité versus remboursement de crédit. Les vraies surprises se cachent souvent dans les détails qu’on oublie de comptabiliser au départ.
Location longue durée : décryptage des mensualités
Prenons l’exemple concret d’une Peugeot 3008 neuve à 35 000€. En LLD sur 48 mois avec 15 000 km/an, comptez entre 450 et 550€ mensuels. Ces mensualités incluent heureusement l’assurance tous risques, l’entretien complet et même le remplacement des pneumatiques.
Côté Tesla Model 3 à 45 000€, les mensualités grimpent logiquement entre 650 et 750€. Mais attention : certains contrats excluent l’assurance, ce qui peut faire bondir la facture de 80 à 120€ supplémentaires par mois.
| Modèle | Prix catalogue | Mensualité LLD | Services inclus |
|---|---|---|---|
| Peugeot 3008 | 35 000€ | 450-550€ | Assurance, entretien, pneus |
| Tesla Model 3 | 45 000€ | 650-750€ | Variable selon contrat |
Achat : au-delà du prix catalogue
L’achat paraît souvent plus économique sur le papier. Pourtant, avec les taux de crédit auto 2026 oscillant entre 4,2 et 5,8%, la donne change rapidement. Pour financer notre 3008, comptez environ 680€ mensuels sur 60 mois à 4,8%.
Mais c’est là que ça se complique ! L’assurance propriétaire coûte 15% plus cher qu’en LLD – soit 1 200€ annuels contre 1 040€. Et l’entretien ? Entre 800 et 1 200€ par an selon les réseaux, sans compter les contrôles techniques bisannuels.
Côté Tesla, les 45 000€ se transforment en 875€ mensuels sur 60 mois. L’avantage ? Quasi aucun entretien les premières années, mais une assurance premium qui peut dépasser les 1 800€ annuels.
Les frais cachés qui changent tout
Les nouveautés fiscales 2026 redistribuent complètement les cartes. Le bonus écologique, revu à la baisse avec un plafond de 3 000€, bénéficie encore à la Tesla mais disparaît pour le 3008 thermique.
Pire : le malus renforcé frappe désormais dès 123g de CO2, ce qui touche de plein fouet notre 3008 avec ses 135g. Comptez 1 400€ supplémentaires à l’achat !
En LLD, d’autres surprises guettent. Les frais de restitution peuvent atteindre 2 000€ si le véhicule présente des dégradations. Et gare au dépassement kilométrique : 0,15€ par kilomètre supplémentaire, ça monte vite !
Côté achat, la décote reste l’inconnue majeure. Une 3008 perd environ 60% de sa valeur en 4 ans, contre 50% seulement pour la Tesla grâce à sa meilleure tenue de marché.
L’impact de la dépréciation : le facteur décisif de 2026
En 2026, la dépréciation automobile a complètement bouleversé l’équation financière entre achat et location. Les chiffres sont sans appel : les véhicules électriques perdent désormais 45% de leur valeur en seulement trois ans, contre 35% pour leurs homologues thermiques. Cette différence de dix points change tout dans le calcul du coût de possession réel.
Prenons l’exemple frappant de la Tesla Model 3. Un modèle acheté 28 000€ en début 2023 ne vaut plus que 15 000€ aujourd’hui. Soit une chute vertigineuse de 13 000€ en 36 mois ! Pour le propriétaire, c’est un coup de massue : il perd en moyenne 361€ par mois rien qu’en dépréciation. Autant dire que la LLD à 520€ mensualités commence à paraître raisonnable…
Les causes de cette dépréciation catastrophique ? D’abord, la surcapacité des constructeurs chinois qui inondent le marché européen de modèles électriques à prix cassés. Ensuite, l’évolution technologique ultra-rapide : les batteries de 2023 paraissent déjà dépassées face aux nouvelles chimies proposées. Et puis il y a cette réalité que beaucoup découvrent : l’autonomie se dégrade avec le temps, rendant certains modèles moins attractifs sur l’occasion.
À l’inverse, les thermiques premium résistent plutôt bien. Une BMW Série 3 ou une Mercedes Classe C maintiennent des valeurs résiduelles correctes, notamment grâce à leur réputation de fiabilité. Mais attention : même dans ce segment, la dépréciation s’accélère avec l’incertitude sur l’avenir du thermique.
Pour calculer l’impact réel sur votre portefeuille, voici un exemple concret : acheter une électrique de 35 000€ vous coûtera environ 15 750€ de dépréciation sur trois ans. Ajoutez le crédit à 4,5%, l’assurance majorée et l’entretien, et vous atteignez facilement 650€ par mois. La LLD du même véhicule ? Entre 420€ et 480€ selon l’apport. Le calcul est vite fait !
Recommandations personnalisées selon votre profil
Chaque profil d’usage mérite une analyse spécifique. Les critères évoluent en 2026 avec les nouvelles réglementations fiscales et environnementales.
Particuliers : kilométrage et durée de possession
Pour les petits rouleurs (moins de 15 000 km/an) qui changent régulièrement de voiture, la LLD s’impose comme évidence. Avec un kilométrage de 12 000 km annuels et un changement tous les 3 ans, les mensualités de 450-550€ incluent tout : assurance, entretien, pneus. L’achat d’un véhicule neuf à 28 000€ génère une perte de 12 000€ en trois ans, sans compter les frais annexes.
À l’inverse, les gros rouleurs conservant leur véhicule plus de 5 ans doivent privilégier l’achat d’occasion. Un modèle de 2-3 ans perd déjà l’essentiel de sa dépréciation. Pour 20 000 km annuels, les surcoûts kilométriques LLD (0,08€ à 0,12€/km) deviennent prohibitifs. Un véhicule acheté 18 000€ d’occasion conservera encore 8 000-10 000€ de valeur après 6 ans d’usage intensif.
Professionnels : optimisation fiscale 2026
La donne fiscale 2026 bouleverse les calculs ! La LLD permet désormais une déduction à 100% des loyers, contre un amortissement échelonné sur 5 ans pour l’achat. Cette mesure concerne tous les véhicules émettant moins de 150g CO2/km. Pour une flotte de 10 véhicules à 600€/mois, cela représente 72 000€ déductibles immédiatement.
La TVS 2026 favorise également la LLD avec un abattement de 30% sur les véhicules loués. Les entreprises évitent aussi le nouveau malus flotte : au-delà de 130g CO2/km en moyenne, une taxe de 500€ par véhicule s’applique chaque année. La LLD permet de renouveler régulièrement pour maintenir une flotte propre.
Attention : les véhicules de plus de 50 000€ restent soumis à des plafonds de déductibilité spécifiques.
Cas spéciaux : électrique, luxury, utilitaire
Pour l’électrique, la LLD devient quasi-obligatoire ! Avec une dépréciation de -45% en 3 ans, acheter une électrique neuve relève de la catastrophe financière. Exception notable : les Tesla d’avant 2025 avec Supercharger gratuit à vie conservent mieux leur valeur.
En Île-de-France, le bonus régional de 2 000€ supplémentaires sur la LLD électrique rend l’équation encore plus favorable. L’aide à la conversion renforcée 2026 (jusqu’à 8 000€) se cumule parfaitement avec les offres LLD.
Pour les véhicules de luxe (plus de 60 000€), la LLD évite l’exposition au risque de dépréciation massive. Les utilitaires suivent une logique inverse : leur valeur résiduelle stable favorise l’achat, surtout pour les artisans dépassant 25 000 km annuels. Les fourgons diesel gardent leur cote, contrairement aux voitures particulières.
