Batteries à l’état solide en 2026 : Donut Lab promet une recharge complète en 5 minutes

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Rédigé par Julien

23 janvier 2026

La promesse de recharger sa voiture électrique en cinq minutes pourrait enfin devenir réalité grâce à une startup finlandaise qui bouscule les géants de l’industrie. Donut Lab affirme commercialiser dès 2026 la première batterie à l’état solide de série, devançant ainsi Toyota et Samsung de plusieurs années. Mais derrière ces performances alléchantes se cachent encore de nombreuses incertitudes qui méritent qu’on s’y attarde.

Donut Lab bouleverse les codes : la première batterie solide de série

Le paysage énergétique automobile s’apprête à connaître une révolution majeure. Au cœur de cette transformation, une startup finlandaise méconnue du grand public vient de réaliser l’impensable : commercialiser la première batterie à l’état solide de série au monde. Donut Lab, fondée dans les laboratoires d’Helsinki, a réussi là où les géants de l’industrie peinent encore à franchir le cap de la production industrielle.

Les spécifications révolutionnaires annoncées

Les performances annoncées par Donut Lab font littéralement exploser les standards actuels. Leur batterie atteint une densité énergétique de 400 Wh/kg, soit 60% de plus que les meilleures batteries lithium-ion qui plafonnent entre 250 et 300 Wh/kg. Cette prouesse technique n’est que la partie émergée de l’iceberg.

La recharge complète en 5 minutes constitue probablement l’avancée la plus spectaculaire. Contrairement aux batteries conventionnelles limitées à 80% pour préserver leur durée de vie, cette technologie permet une charge de 0 à 100% sans dégradation. La durabilité atteint des sommets inédits avec 100 000 cycles de charge contre seulement 5 000 pour les Li-ion traditionnelles.

L’adaptabilité thermique impressionne également : ces batteries conservent 99% de leur capacité entre -30°C et +100°C, éliminant définitivement les problèmes de performance hivernale qui handicapent les véhicules électriques actuels.

Verge Motorcycles : premier cobaye sur route en Q1 2026

Le partenariat stratégique entre Donut Lab et Verge Motorcycles marque le début concret de cette révolution technologique. Le constructeur finlandais de motos électriques haut de gamme équipera ses modèles TS Pro et Ultra de cette technologie révolutionnaire dès le premier trimestre 2026.

Ces motos promettent des performances hallucinantes : autonomie de 600 kilomètres et recharge complète en moins de 10 minutes. Cette collaboration n’est pas anodine – Verge Motorcycles mise sa réputation sur cette technologie naissante, conscient du potentiel disruptif qu’elle représente.

Le choix du secteur motocycliste comme rampe de lancement s’avère judicieux. Les volumes de production restent gérables pour une startup, permettant de valider la technologie avant l’assaut sur l’automobile où les enjeux industriels sont colossaux.

L’avance stratégique sur la concurrence mondiale

L’exploit de Donut Lab prend une dimension stratégique considérable face aux calendriers de la concurrence. Toyota, pourtant pionnier dans ce domaine, ne prévoit sa production commerciale qu’en 2027. Samsung SDI, autre acteur majeur, vise également 2027 pour ses premières livraisons industrielles.

Cette avance de deux années minimum sur les géants asiatiques pourrait redéfinir les rapports de force dans l’industrie énergétique mondiale. Pendant que les mastodontes industriels peaufinent leurs prototypes en laboratoire, Donut Lab franchit directement l’étape de la commercialisation.

La majorité des autres acteurs, qu’ils soient chinois, américains ou européens, positionnent leurs objectifs entre 2027 et 2030. Cette fenêtre d’exclusivité offre à la startup finlandaise une opportunité unique de s’imposer comme référence technologique avant l’arrivée des productions de masse.

Trop beau pour être vrai ? L’analyse critique des promesses

Les annonces de Donut Lab suscitent un enthousiasme compréhensible, mais l’histoire récente de l’industrie automobile nous enseigne la prudence. Quand une startup affirme commercialiser dès 2024 ce que les géants technologiques peinent à développer depuis des décennies, quelques questions légitimes s’imposent.

Toyota, pionnier de la recherche sur les batteries solides, illustre parfaitement les défis de cette technologie. Le constructeur japonais avait initialement promis une commercialisation pour 2020, puis 2023, avant de reporter à 2026 et désormais 2027-2028. Ces reports successifs ne reflètent pas un manque de compétences, mais bien la complexité technique monumentale de ces systèmes.

Les défis techniques restent considérables. La production de masse d’électrolytes solides nécessite des procédés de fabrication entièrement nouveaux, avec des tolérances extrêmement précises. L’interface entre l’électrolyte solide et les électrodes représente un défi majeur : maintenir une conductivité ionique stable sur 100 000 cycles relève encore de l’exploit en laboratoire.

Donut Lab reste particulièrement évasif sur certains aspects cruciaux. L’entreprise affirme utiliser des « matériaux trouvés partout » sans révéler lesquels exactement. Elle prétend également proposer un coût inférieur au lithium-ion traditionnel, mais aucun prix précis n’est communiqué. Cette opacité contraste avec la transparence habituelle des acteurs sérieux du secteur.

La question de la scalabilité demeure centrale. Passer de quelques prototypes pour motos à une production de millions d’unités pour l’automobile représente un saut technologique et industriel colossal. Les experts du secteur, échaudés par les promesses non tenues de startups comme Fisker ou Nikola, adoptent désormais une approche prudente face à ces annonces spectaculaires.

Seuls les résultats sur le terrain permettront de valider ces promesses ambitieuses.

Toyota face au défi Donut Lab : la course aux batteries solides

La startup finlandaise n’est pas la seule à viser cette révolution technologique. Toyota, pionnier historique des batteries solides avec plus de 8000 brevets déposés dans ce domaine, se retrouve aujourd’hui dans une position délicate face à cette concurrence inattendue. Le géant japonais, qui accumule les reports depuis 2020, doit désormais justifier sa stratégie face aux promesses audacieuses de Donut Lab.

Les ambitions de Toyota : 1200 km d’autonomie promis

Toyota mise sur des performances spectaculaires pour rattraper son retard. Là où Donut Lab annonce 600 km d’autonomie sur moto, le constructeur japonais vise carrément 1200 km sur ses futurs véhicules électriques. Cette autonomie exceptionnelle s’accompagnerait d’une recharge de 10 à 80% en seulement 10 minutes, contre 5 minutes pour une charge complète chez Donut Lab. Toyota promet également une durée de vie record de 40 ans avec conservation de 90% de la capacité initiale. Des chiffres impressionnants qui restent cependant théoriques.

Le partenariat stratégique avec Idemitsu Kosan

Pour concrétiser ces ambitions, Toyota s’appuie sur un partenariat clé avec Idemitsu Kosan, spécialiste japonais des électrolytes sulfurés. Cette alliance stratégique vise à maîtriser la production d’électrolytes solides, composant critique des batteries nouvelle génération. Une usine de 10 GWh est prévue pour 2026 au Japon, marquant le passage à l’échelle industrielle. Ce partenariat technologique représente un avantage considérable face aux startups comme Donut Lab, qui doivent encore prouver leur capacité de production en série. L’expertise combinée des deux entreprises japonaises constitue un atout majeur.

Chronologie des retards et nouvelles promesses 2027-2028

L’historique de Toyota révèle une succession de reports préoccupante. Initialement prévues pour 2020, puis repoussées à 2023, puis 2026, les batteries solides Toyota ne devraient finalement arriver qu’en 2027-2028. Cette chronologie mouvementée contraste avec l’annonce surprise de Donut Lab. Toyota adopte désormais une stratégie par étapes : batteries lithium améliorées en 2026-27, puis transition vers le solide en 2027-28. La commercialisation débutera sur les modèles Lexus haut de gamme, vendus entre 800 000 et 1 million de yuans. Une approche prudente qui reflète les difficultés techniques rencontrées.

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Julien